Le Musée
Le Musée»Les Vignes du Château et leur vendange»La vendange 1991

Le Clos du Musée


Enavril 1990, le Musée de la Vigne et du Vin du Château de Boudry s'enrichissait d'une vigne de 102 poudrettes des 6 cépages autorisés dans le canton: Chasselas, Pinot noir,Pinot gris, Riesling x Sylvaner, Gewurz­traminer et Chardonnay.


Cettemise en terre fut faite afin de contri­buerà donner une image vivante de la viti­culture au pied du château quiabrite, en plus du musée, le cellier de l'Office de pro­pagande des vins deNeuchâtel où sont représentés 75 des 80encavages du canton.

Cettevigne témoin, cultivée bénévolement par M. Frédéric Meisterhans, a donné sespremiers fruits aux vendanges 1991.

Une vendange avant le ban

Depuisle Haut Moyen Age, les vendanges neuchâteloisesont connu ce qu'il est convenu d'appeler le ban, soit une périodependant laquelle l'accès aux vignes était interdit.Des gardes-vignes ou brévards en surveillaientl'application. Interdiction était faiteà quiconque d'entrer dans les parchets sauf autorisation spéciale. Comme lecomte retirait la majeure partie de ses revenus des dîmes et du commercedes vins, il fallait aussi surveiller la progression des vendan­geurs afin deretirer immédiatement les gerles qui revenaient de droit à l'Etat.

Denos jours, le ban est toujours appliqué et sa levée officielle se fait selon uncalen­drier défini par l'ensemble despropriétaires viticoles d'une commune. Toutefois, il est toujourspossible de demander officielle­ment des dérogations pour des parchets définis. C'est dûment muni d'une telle auto­risationde vendanger avant le ban, signée par laprésidente du Conseil communal de Boudry,que nous avons procédé le 4 octobre 1991 à 16 h 30 précises à la premièrerécolte de la vigne dorénavant appelée «Clos du Musée», parchet inscrit au cadastre viticole.

Des sondages tests

Une brochette depersonnalités du monde viti-vinicole assistait à cette vendange symbole. Les raisins, à peine cueillis, étaient foulésafin d'être sondés. Les résultats furent ensuitepubliés dans les médias. On put donc liredans la presse que 13 kilos de Riesling x Sylvaner donnèrent un moût tirant à85,6 degrés oechslé; 17 kilos de Chasselas titrèrentà 60,2 degrés, soit en dessous des normes fixées pour ce cépage; 16 kilosde Pinot gris atteignirent 78,5 dgrés; 11 kilos de Pinot noir, 83 degrés; 5kilos de Char­donnay, 94,6 degrés, et 6 kilos de Gewurz­traminer, 97,4 degrés.

Cesmesures dûment publiées le seront toujours à l'avenir car la vigne du Musée devrait devenir une vigne test pour l'ensemble duvignoble neuchâtelois même s'il est certain que ces quelques ceps ne sont que purement symboliques.

La gerle: unetradition artistique

Etpour vendanger ces ceps symboliques, il fallait aussi avoir un récipient emblémati­que. Pour cette raison, une gerle neuve a été fabriquée et puis, à l'instar des anciennes, elle a été étalonnée et marquée au fer. Digne de recevoir leraisin neuchâtelois, elle fut ensuite décorée par l'artiste Jean-Michel Jaquet.

Un millésime

Cettegerle, œuvre artistique, a servi à l'élaborationde l'étiquette du vin du Musée. Celui-ci est désormais en vente au prixde 12 francs la bouteille. Chacune decelles-ci porte une étiquette signéeet numérotée par le conservateur.

En guise de conclusion

Pour que le Musée puisse conserver son lien detrait d'union entre le passé et le futur du point de vueviticole, il lui fallait une vigne témoin du vivant de la viticulture et descépages autorisés dans le canton de Neu­châtel.Pour que la gerle, symbole de qualité desvins neuchâtelois, soit présente, il fallait commencer une collection degerles artisti­ques et pour que le Muséepuisse assurer la pérennité d'une telle démarche, il était nécessaire decommercialiser quelques bouteilles. Puisse cette façon de faire être soutenue.

PatriceAllanfranchini



Premièresvendanges


Plantés en 1989 devant le Château de Boudry, les 102 ceps de la jeune vignedu Musée de la Vigne et du Vin ont étévendangés au début du mois d'octobre en présence de nombreux invités.


Un artiste par année

Autotal, 68 kilos de raisin de 6 cépages dif­férentsont été coupés, sous l'experte directiondu chef vigneron du «domaine» du Château de Boudry, FrédéricMeisterhans. Vendanges à l'ancienne, avec leseillon, la gerle et le ténéri. Les modestes quantités ne justifiant pas le fouloir, c'est dans des cais­settesque le raisin a été foulé avant de subir le verdict de la qualité à traversle réfracto­mètre du contrôleur officiel du Laboratoire cantonal. Récoltée avant la levée officielle desbans de Boudry, la vigne du Château a permisde dégager quelques tendances pour les vendanges du vignobleneuchâtelois. Les spécialités (Riesling x Sylvaner, Chardonnay, Pinot gris etGewürztraminer) ont donné d'excellents sondages. Le Pinot noir s'est situé dans une honnête moyenne, alors que le Chasselas était franchement décevant, puisque déclassé.

Leconservateur du Musée, Patrice Allan­franchini, avait le sourire. Dès l'annéepro­chaine, il aura son «Neuchâtel du Musée». Mêmes'il faudra pour cela un peu complé­ter la propre récolte. Ce cru aurasa propre étiquette dont la confection serachaque année confiée à un artiste ducanton. Pour cette année, le choixs'est porté sur Jean-Michel Jaquet,de Cortaillod. Ce dernier a aussidécoré une gerle qui sera exposée par la suite au Musée.