Le Musée
Le Musée»Les Vignes du Château et leur vendange»La vendange 2003
Vendange du Clos du Musée, samedi 30 août 2003

VENDANGER EN AOÛT….


Depuis 1616, cela ne s’était plus produit dans le Pays de Neuchâtel et encore faut-il mettre un bémol puisqu’en ce temps-là on comptait les jours d’après le calendrier julien et, ce qui était août était en fait septembre pour ceux qui appliquaient le calendrier grégorien.

Toutefois, depuis cette vendange pléthorique en quantité restée célèbre dans les annales si l’on se réfère à Abram Chaillet  qui nous apprend que les vignes produisirent de onze à quatorze gerles par ouvrier de 352 mètres carré et que l'abondance de cette année conduisit à une ivrognerie générale en 1617, nous n’avons plus jamais connu de vendange si précoce.

Pour en conserver le vin, les gens de ce temps ont rempli des citernes de maisons de campagne, offraient à quiconque qui amenait deux tonneaux de lui en donner un plein gratuitement.

En date du 10 septembre (calendrier julien), un membre de la famille de Merveilleux envoyait à son neveu Ostervald le petit poème suivant :

L’an mil six cent et seize
Auquel on est en grand détresse
Pour n’avoir assez de tonneaux
Pour encaver nos vins nouveaux
Pour toutes nos vignes dévestir
Il a fallu toutes queues remplir
Dont nous comble le seigneur dieu loué
Dans de ses graces nullement abuséz

Ainsi vendanger en août, c’était faire revivre une année exceptionnelle. Mais, entre hier et aujourd’hui, les données ont complètement été bouleversées. Hier, on se réjouissait de l’abondance de la récolte même si son encavage posait problème, Aujourd’hui, on se préoccupe avant tout de la qualité, sachant bien que pour faire du bon vin, il faut avant tout un excellent raisin riche de toutes les substances utiles à la vinification.

La vendange du Clos du Musée et du Clos des Communes


Tout emblématiques qu’ils soient, les ceps des différents cépages cultivés au Château de Boudry méritaient cette année d’être vendangés encore en août. Ainsi le 31 de ce mois, c’est M. Frédéric Cuche, président du Grand Conseil, qui ouvrit symboliquement la vendange 2003.

Comme Eric Beuret l’expliqua à l’assemblée présente, les vendanges aujourd’hui doivent se faire au gré de l’évolution de maturité des cépages et plus en fonction de dispositions légales qui intiment des récoltes structurées et hiérarchisées.

Ainsi, en ce dernier jour d’août, certains raisins étaient à maturité et méritaient d’être cueillis ; d’autres, en revanche, étaient encore en plaine véraison et devaient être laissés aux ceps.

C’est donc en fonction de sondages spécifiques et des conditions météorologiques que cette vendange devait être conduite pour tirer une quintessence qualitative. Donc certains vignerons devaient se hâter, d’autres attendre.

A Boudry, en ce dernier jour d’août, les sondages effectués ont donné les résultats suivants :

Cépages traditionnels

Riesling x sylvaner        83 degrés Oechslé
Chasselas
76,8
Pinot gris
90,1
Pinot noir
95,6
Gewurztraminer
96,5
Chardonnay
100,1


Jardin ampélographique du Château de Boudry

Sauvignon gris
10 ceps
78,5
pinot blanc
10 ceps
72,4
Aligoté
10 ceps
82,1
Sauvignon
10 ceps
82,1
Viognier
10 ceps
85,6
Garanoir
7 ceps
78,9
Gamaret
7 ceps
86,5
Carminoir
7 ceps
71,5